Edito : « La bouse ou la vie »

par Guillaume Estivie, auteur et réalisateur

« La bouse ou la vie »

 

Voilà le titre qu’avait donné le journaliste d’un magazine branché à son article au vitriol sur Guéret, préfecture de la Creuse où je suis né.  « La Creuse, ce centre névralgique de la diagonale du vide qui défigure l'Hexagone ».

 

Réalisateur de documentaires, il ne m’en fallu pas davantage pour avoir envie de répliquer à ma façon par le biais d’un film intitulé « I ❤️ Guéret », dans lequel je déambule dans la ville au gré de mes rencontres. Il en résulte un film joyeux, qui « donne envie de découvrir les lieux par nous-mêmes » comme l’indique le très parisien Télérama… Mission accomplie !

Car là était bien l’objectif, changer l’image négative que l’on peut avoir de nos territoires ruraux, qui se sentent parfois ignorés voire méprisés. Alors qu’il est si agréable et passionnant d’aller y écouter leurs habitants nous parler de leur France profonde. Profonde, dans tous les sens du terme.

 

C’est la raison pour laquelle je partage totalement la vision des fondateurs de Bonjour Le Bon, celle de « recréer du lien entre les consommateurs et les agriculteurs ». A travers une approche tout à fait originale, ils proposent d’excellents produits de saison tout en nous faisant découvrir les femmes et les hommes qui se cachent derrière. Autant d’histoires qui donnent envie de participer à cette économie vertueuse tout en se régalant.

 

Alors… la bouse ou la vie ?

 

Et pourquoi choisir d’ailleurs ? Les deux ne seraient-ils pas compatibles ?

 

Ne peut-on pas être heureux lorsqu’on habite à la campagne ? Bonjour Le Bon nous prouve le contraire en s’inscrivant dans la droite lignée de pionniers que j’ai pu rencontrer à Guéret. Pour beaucoup, ces territoires représentent aujourd’hui une sorte de laboratoire des possibles, dans lequel une foule d’initiatives positives peuvent voir le jour.

 

Il ne s’agit pas là de ma part d’un snobisme inversé ou d’une sorte d’enthousiasme exagéré. Je peux d’ores et déjà remarquer en Creuse la création de multiples projets résolument modernes, au service d’un avenir meilleur : expérimentations sur le cannabis thérapeutique / innovations dans le traitement du cancer / transition écologique / économie circulaire / lien social / …

 

Alors bien sûr tout n’est pas rose à Guéret. Le chômage y culmine à plus de 10%, les services publics se raréfient de plus en plus, tout comme les magasins d’un centre-ville à l’abandon.

 

Mais à l’instar de Bonjour Le Bon, je préfère aller y cueillir des fleurs plutôt que des mauvaises herbes… Et je peux vous affirmer qu’il y a de quoi faire de beaux bouquets !

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